Déviation nord
4ème de couverture :
Le soir de Noël, Milton Walsh, un chirurgien respecté, Agathe, sa jeune femme anesthésiste, et leur fille Lola, traversent le Morvan enneigé pour passer le réveillon à l'autre bout du département : ils ne parviendront jamais à destination ! Pour tenter de les retrouver, l'adjudant-chef Lehmann, qui n'hésite pas à s'affranchir des procédures, et Emilie Casanave, perspicace mais dénuée de second degré, vont affronter un danger que personne n'aurait pu anticiper.
Intrigue :
C'est la veille de Noël. La famille Walsh prend leur Range pour aller rejoindre leur famille afin de passer les fêtes de fin d'année ensemble. Seulement, ils n'arriveront jamais à destination. Que leur est-il arrivé ? Où sont-ils passés ?
Débute alors une enquête menée par l'adjudant-chef Lehmann et une jeune recrue, Emilie Casanave.
Mon ressenti :
Cette toute nouvelle intrigue nous entraîne dans le Morvan durant la période hivernale où la neige recouvre les routes d’un épais tapis, alourdissant les branches des arbres d’un manteau blanc, créant une atmosphère silencieuse et glaçante.
Il nous entraîne dans la tragédie d’une famille un soir de Noël, période plutôt propice aux réjouissances qu’à des drames. Ils sont partis sur les routes enneigées rejoindre leur famille pour passer Noël tous ensemble. Seulement, ils n’arriveront jamais.
Alors nous prenons le train de l’histoire. Nous voulons comprendre, savoir ce qui a bien pu arriver à cette famille. Nous les accompagnons sur la route, nous arrêtons avec eux faire une pause et nous nous retrouvons happé par le déroulement des évènements.
On s’extirpe de notre lecture contraint et forcée, à regret car nous n’avons nullement envie de lever les yeux de ces lignes de lettres mises les unes à la suite des autres tels des wagons attachés à la locomotive et qui filent sans interruption. On en arrive à haïr les arrêts forcés en gare pour vaquer à quelques occupations nécessaires au déroulement de notre vie quotidienne. C’est un roman qui vous attrape, vous lie à ses pages et vous entraîne dans cette déviation. Vous voulez allez plus vite, finir ce voyage au bout duquel il y a forcément le terminus et le dénouement de cette intrigue.
Et ce train en marche prend de la vitesse. Il file à toute allure. On ne veut pas qu’il s’arrête. On dévore encore et encore les pages qui se tournent régulièrement. Notre regard ne quitte pas les mots qui se succèdent inlassablement. Alors on grelotte de froid avec les gendarmes dans toute cette neige, on frémit de peur à la seule idée qui ne manque pas de germer dans notre esprit que nous soit révéler l’impensable, l’inimaginable, le monstrueux, l’insoutenable. Le train ralenti un peu mais ce n’est que pour un très court instant avant de reprendre de la vitesse.
C’est un roman dynamique, qui se lit avec facilité, d’une seule traite. Très peu de temps morts, pas de description interminable que plombe une intrigue et nous fait décrocher.
Cependant, ce qui m’a un peu dérangé c’est la policière Emilie CASANAVE. Totalement dénuée d’humour, elle est un peu trop prompte et trop souvent à mettre le doigt sur le cheminement exact du déroulement des faits, genre un peu « voyante ».
L’auteur aurait pu également développer un peu plus le côté angoissant en s’attardant davantage sur Agathe et Lola aux prises avec leur ravisseur. La première partie du roman sur ce point est bien conduite mais ensuite passé sous silence. L’accent est davantage mis sur l’enquête de Lehmann et Casanave. On devine certains évènements, cependant la réalité de ce drame dans toute sa monstruosité, ne nous est dévoilée qu’à la fin. Les méchants ne se révélant pas forcément ceux que l’on croit.
Un roman lut en une seule journée.